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Ça y est, j’ai 46 ans et demi ! Je suis assez vieux pour avoir écouté tous les trucs vieux super classes qui me faisaient passer pour un nullos il y a 20 ans, il y a 15 ans, et même il y a 10 ans !!!
Parmi des milliers d’artistes, il y en a deux, très différents, mais qui arrachent la tronche avec la même raclée. J’ai la même sorte de fascination pour Siouxsie and the Banshees que pour Sisters of Mercy, bien que très différents sous une infinité de plans (chronologiques, musicaux) de points de vue (politique, et autres engagements) et même objectivement. L’impression sensorielle, mentale, émotionnelle, qui explose à peine après l’arrivée percutante des premières ondes sonores sur le duvet de ma peau, est assez similaire. Ce n’est pas de là que vient ma fascination ; cette dernière ne vient pas du fait que l’effet sur moi soit quasi identique, mais de l’effet en lui-même.
Par-dessous la beauté indescriptible mais partielle du groupe, de leur musique, parfois, de leurs paroles, ou plutôt non, de la puissance lyrique, etc., en dessous de la strate musicale des choses, dans les bas fond de la vulgarité quotidienne il y a l’inévitable dégueuli de caricatures que votre cerveau doit filtrer à longueur de journée, et, soudain, l’important remporte une victoire sur les heures de nulloserie qui précèdent, il y a le typhon, la bombe atomique, le tsunami, la tabula rasa, l’anti-moustique où le moustique serait le lieu commun et son frère la caricature. Une sensation brutale d’être sous les tirs, sur un champ de bataille qui serait aussi réellement flippant qu’exaltant, mais surtout, un champ de bataille dont l’arme ultime et permanente est l’esthétique. Ils font de la musique comme on ferait la guerre, les scuds de décibels qu’on se prend dans la tronche sont d’une beauté similaire au photon qui se multiplie à l’infini quand on veut le couper en deux, ça chatouille la vase dans la rivère des sens : la singularité d’une aberration chromatique qui embrasse un larsen, reflétés dans un milliard d’amplis à lampes et de prismes noirs, qui plient le temps par une nuance si aiguisée qu’elle sue la grâce par hectolitres.

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